Appelez et sollicitez les prospects intéressés

Publié le 10 novembre 2021 | Par Holden Caufield

Tagadamedia fournit des leads intentionnistes. Une alternative pertinente et efficace au télémarketing sauvage. « Dans notre métier, si l’on n’est pas hyper pro, on peut vite basculer du côté obscur », Jonathan Zisermann est le cofondateur de Tagadamedia. 

Tagadamedia est spécialisée dans la vente de leads intentionnistes. En deux anecdotes, il nous raconte ce qui l’a incité à progresser. Et obligé à devenir très professionnel.
Il a beau n’avoir que 42 ans, l’Expérience client, Jonathan Zisermann l’expérimente depuis une vingtaine d’années. Dès 2000, alors qu’il était encore étudiant à Lyon, il crée Mediastay, un éditeur de sites de loteries sur internet. Le principe était simple, les internautes s’inscrivaient gratuitement pour gagner des cadeaux et, en contrepartie, s’exposaient à de la publicité. La société a connu une progression fulgurante, un développement international avec plus de 100 salariés et un chiffre d’affaires qui a avoisiné les 15 M d’euros.
Mais en 2012, Jonathan Zisermann souhaite changer de secteurs. Dans tous les sens du terme. Il vend son entreprise et se lance dans l’immobilier… à Miami. « Je trouvais ça sympa de bosser là-bas et me suis dit, pourquoi ne pas y vivre, raconte-t-il. Je m’y suis donc installé avec ma femme et mes filles, je voulais qu’elles apprennent l’anglais, qu’elles n’aient pas un accent aussi nul que le mien ». Très vite, son goût du digital se rappelle à lui, l’immobilier à Miami ne sera qu’une parenthèse et, avec son collègue Eric Bennephtali, il fonde en 2015 Tagadamedia, une SAS française spécialisée dans la génération de leads intentionnistes.

30 sites pour détecter les intentionnistes

« Nous vendons des contacts de personnes qui manifestent une intention d’achat pour un produit ou un service particulier, explique Jonathan. Pour repérer ces internautes, nous ne faisons ni du comportemental, ni du retargeting, autrement dit, nous ne devinons pas leurs intentions en constatant qu’ils ont cliqué sur tel ou tel lien. Nous détectons les intentionnistes de manière très simple ; nous leurs posons directement les questions ».
Concrètement, Tagadamedia dispose d’une trentaine de sites de contenus, d’enquêtes, de tests produits, de jeux concours. Des millions d’internautes s’y inscrivent pour répondre à des sondages, gagner des cadeaux, recevoir des recettes de cuisine… « Quand ils répondent à un sondage sur un produit ou un fait de société, nous posons des questions ciblées en essayant de susciter de l’intérêt lié aux problématiques de nos annonceurs, explique le fondateur. Êtes-vous propriétaire ? Locataire ? Avez-vous des enfants ? Oui ? Alors seriez-vous intéressé par une mutuelle adaptée à tel type de remboursement ?… Notre métier, c’est d’avoir de l’audience, des outils de pointe pour déceler les intentionnistes et du bon sens afin d’appeler le prospect au bon moment en lui proposant le produit adapté et générer des ventes. C’est pour cela que nos clients viennent nous voir ».

L’âge de pierre

Une anecdote l’a particulièrement marqué : un annonceur avait fait appel à ses services afin d’obtenir, pour le mois suivant, 10 000 abonnés sur l’une de ses pages. « J’ai mis en place une campagne et, quelques semaines plus tard, j’ai fait le point avec notre client pour savoir ce que cela avait donné, raconte Jonathan Zisermann.  Le client n’a pas su me répondre. Alors il s’est renseigné puis m’a confirmé qu’il avait bien 10 000 inscrits mais que, puisque sa société n’était pas équipée en interne pour traiter les contacts ou envoyer des newsletters, rien n’avait été fait. Elle cherchait juste à afficher un nombre important d’abonnés. Et là je me suis dit qu’on en était encore vraiment à l’âge de pierre ! ».
Une autre expérience frappante lui a fait changer son regard sur son métier : un courrier envoyé des USA lui reprochait d’avoir harcelé un citoyen américain via des robocalls. La lettre se terminait par un « See you at the court ».

« Pas la peine de mort mais presque »

« J’ai vraiment connu une nuit de stress, confie Jonathan. En France, la plus grosse amende possible est de 300 000 € tandis que là-bas, ce n’est pas la peine de mort mais cela y ressemble avec de la prison en dur et des amendes allant jusqu’à 260 millions d’euros ! Aux USA, tout est décuplé. Quand tu marches bien tu cartonnes, quand tu as des problèmes, ce sont de big problèmes ! Ça fait très peur. Après enquête, nous avons vérifié que l’utilisateur qui portait plainte n’était même pas dans nos bases de données, qu’il y avait eu erreur sur notre compte et l’histoire s’est dégonflée d’elle-même. Mais j’ai pris conscience des enjeux. Je me suis rendu compte à quel point notre métier brasse énormément de data et de volume, à quel point il faut vraiment être très rigoureux pour rester dans la légalité. Le moindre faux pas peut vite te faire basculer du côté obscur ».
Aujourd’hui, Tagadamedia compte 35 personnes en France, en Espagne, en Italie, et, depuis 7 mois, 40 salariés dans un call center au Maroc. En 2021, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de près de 10 M d’euros, en croissance de quelque 30%.
« L’expérience client est vraiment au cœur de notre métier, souligne Jonathan Zisermann. Même si nous sommes souvent sur du push, nous vendons des prestations à des utilisateurs qui se sont vite montrés intéressés. Et que ce soit pour l’image de nos clients comme pour la nôtre, nous cherchons toujours à ce que la vente soit la plus agréable possible ».

Photo de Une : Jonathan Zisermann à La Baule pendant Expérience Client/The French Forum – © Didier San martin