Tanger, capitale mondiale du démarchage téléphonique ?

Publié le 16 septembre 2026 | Par Pacitel

Pas très loin de l’Europe, accessible en quelques minutes en Zodiac, Tanger est prisé depuis très longtemps par de riches et célèbres écrivains et artistes. Depuis des années, en sus des activités industrielles pratiquées dans le port franc, une autre industrie s’est développée, celle des call-centers.

Denis Marsault en couverture d’En-Contact #113, 2020

Le meilleur côtoie le pire : Myopla, fondé par Denis Marsault s’est considérablement développé et a acquis la confiance de grandes marques françaises (Castorama, Volkswagen Banque, CDiscount) qui y font gérer leurs services client. Ou Tingis Group, qui prospecte de façon intensive pour des courtiers en assurance, pas toujours respectueux des législations.
Voici par exemple le récit des pratiques d’Anavie, le courtier animé par les frères Sitbon.

Depuis des années, depuis le Boulevard Flandrin, un homme a compris l’importance des call-centers et de la prospection téléphonique, l’importance de l’argumentaire téléphonique débité à la vitesse de l’éclair. Avec l’aide de quelques grands spécialistes, tel ADM Value* ( le BPO fondé par Claude Briqué), ou désormais Tingis Group (dirigé par Rachid Benkirane), équipé, comme tout le monde dans les années 2010 d’une plateforme Vocalcom, Michaël Sitbon fait téléphoner à tout va par ses prestataires de call-centers et « plante » des assurances décès, prévoyance à des millions d’assurés. Adepte de la technologie, il enregistre les accords vocaux des clients prospectés, avec une méthode bien à lui. C’est légal si l’accord donné par téléphone est explicite. Et qu’il a été donné sur tous les éléments du contrat et de la proposition.

Depuis deux ans, deux sociétés de médias indépendantes, Micode et Warning Trading ont mené leur enquête et publié le fruit de celles-ci, dans des vidéos ou articles très consultés ou visionnés. Depuis, tout le monde s’interroge sur le rôle de Manifone, l’opérateur télécom utilisé par ces prestataires. C’est l’une des limites du reportage de Micode : faire croire que le prestataire en question a commis des irrégularités.

Le phoning illégal va-t-il perdurer ?

Spécialiste du sujet, Manuel Jacquinet, rédacteur en chef du magazine En-Contact, estime que les fraudeurs, qui ne respectaient déjà pas Bloctel, ne vont pas massivement changer leurs pratiques. « Tant qu’ils parviendront à joindre des personnes par téléphone et à “fourguer” leurs arguments et produits ou services de pacotille, ils vont continuer, conscients que le risque de se faire attraper est faible. Les autorités de contrôle manquent de moyens et de vice pour les attraper. On voit bien avec les faux conseillers bancaires par téléphone qu’ils sont très doués et très souples dans leur adaptation. »